Retraites : pourquoi le report de la revalorisation pénalise les plus fragiles ?

Retraites pourquoi le report de la revalorisation pénalise les plus fragiles

La mauvaise nouvelle est tombée : la revalorisation des pensions de base sera repoussée de deux trimestres en 2025.

Cette décision, soutenue par Michel Barnier, suscite de vives réactions. Détails !

La nouvelle revalorisation des pensions de retraite sera décalée de six mois en 2025

La pilule a été difficile à avaler pour les 14 millions de retraités en France. Très attendue, la prochaine revalorisation des retraites de base sera décalée de six mois l’année prochaine. Il s’agit d’une annonce faite par le Premier ministre Michel Barnier. De quoi attiser les critiques des partis politiques à l’instar du Rassemblement National.

Le nouveau chef du gouvernement n’avait pourtant pas évoqué ce sujet lors de son discours de politique générale. In fine, il souhaite reporter la revalorisation annuelle des pensions de retraite de base au 1er juillet 2025, alors qu’elle devrait être effective dès le 1er janvier.

Rappelons que cette mise à jour s’aligne avec le taux de l’inflation. La raison pour laquelle les estimations pointent vers une hausse de près de 1,8 % en 2025. Mais l’attente risque d’être plus longue que prévue l’année prochaine. Les retraités qui dépendent du régime général ainsi que les fonctionnaires sont tous concernés par ce report. Idem pour les anciens salariés du privé.

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Les retraités les plus fragiles seraient encore plus pénalisés

En principe, la retraite de base des anciens salariés du privé est plafonnée à 50 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale. En appliquant la formule de calcul de la CFDT retraités, celle-ci est calculée sur les 25 meilleures années.

En pratique, la retraite de base est limitée à 42 % du plafond de la Sécurité sociale de 2024, soit 3 864 €. Cela signifie que son montant maximal frôle généralement les 1 600 €.

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Prenons par exemple une personne touchant une pension de 1 400 €, dont 980 € de retraite base. Le manque à gagner se chiffre à 17,64 € par mois si la revalorisation n’intervenait pas au 1er janvier prochain. Si le montant mensuel s’élève à 2 800 € avec une retraite de base de 1 400 €, la perte financière serait de 25,20 € (contre 28 € pour une retraite de 5 600 € avec 1 600 € de pension de base).

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Mais les retraités les plus fragiles financièrement sont les plus pénalisés par ce décalage de la revalorisation en 2025. Rappelons que les pensions de l’Agirc-Arrco sont revalorisées au 1er novembre comme l’inflation. La perte s’annonce donc plus lourde pour les plus modestes dont la pension est constituée pour les trois quarts de la retraite de base.

Pourquoi le gouvernement souhaite-il repousser la revalorisation des retraites de base ?

Parmi les victimes, il y a aussi les retraités les plus modestes touchant le minimum contributif (Mico). Pour mémoire, ce dispositif vise à rehausser les plus petites pensions. L’objectif est de permettre aux anciens salariés ayant bénéficié d’une carrière complète de percevoir une pension à hauteur de 85 % du SMIC.

En actant le report de la revalorisation des pensions de base pour 2025, le gouvernement Barnier souhaite réaliser plus de 4 milliards d’euros d’économies.

justin malraux

Directeur éditorial de MaBourse.fr, site d'acutalités indépendant sur lequel vous retrouvez quotidiennement des analyses pointues.