La prime Macron, désormais appelée prime de partage de la valeur (PPV), suscite de nombreuses questions sur son traitement fiscal et social.
Entre exonérations, conditions spécifiques et évolutions législatives à venir, il est essentiel de bien comprendre les règles qui encadrent son versement et son imposition.
Salariés comme employeurs cherchent à optimiser ce dispositif pour en tirer le meilleur avantage, tout en respectant la réglementation en vigueur.
Un éclairage précis permet d’éviter les erreurs et d’anticiper les changements majeurs prévus dans les prochaines années.
Prime Macron (PPV) : définition, conditions et évolutions à venir
La prime Macron, désormais appelée prime de partage de la valeur (PPV), vise à renforcer le pouvoir d’achat des salariés en leur permettant de bénéficier d’une prime exceptionnelle, versée à l’initiative de l’employeur.
Toutes les entreprises peuvent la proposer, mais depuis 2025, celles de 11 à 49 salariés affichant un bénéfice net d’au moins 1 % du chiffre d’affaires sur trois ans doivent instaurer un dispositif de partage de la valeur, dont la PPV peut faire partie.
L’exonération d’impôt et de cotisations sociales dépend du niveau de rémunération, du montant versé et de la taille de l’entreprise.
À partir de 2027, la PPV deviendra systématiquement imposable, sauf si elle est placée sur un plan d’épargne salariale.
PPV : exonérations, impositions et cas particuliers
Le régime fiscal et social de la PPV varie selon plusieurs critères. Pour une exonération totale d’impôt et de cotisations sociales, le salarié doit percevoir moins de trois fois le SMIC et travailler dans une entreprise de moins de 50 salariés, avec une prime ne dépassant pas 3 000 € (ou 6 000 € en cas d’accord d’intéressement).
@chrislexpertpaie Pour quelle raison votre employeur a intérêt de vous verser une prime de partage de la valeur ? Vous êtes salarié et vous n’avez pas encore entendu parler de la prime de partage de la valeur ? Ou alors, vous pensez qu’elle ne vous concerne pas ? Écoutez bien, ça peut changer votre pouvoir d’achat ! Depuis juillet 2022, cette prime a remplacé l’ancienne prime Macron. Et bonne nouvelle : elle est désormais pérenne. Ça veut dire que votre employeur peut la verser chaque année, mais sans aucune obligation. C’est complètement facultatif. Mais alors, pourquoi le ferait-il ? Parce que c’est gagnant-gagnant. En 2024, si l’entreprise a moins de 50 salariés, elle peut verser jusqu’à 3000 €, voire 6000 € si elle a un accord d’intéressement ou de participation, sans impôt et sans charges pour les salariés gagnant moins de 3 fois le SMIC. Et même dans les entreprises jusqu’à 250 salariés : pas de forfait social à payer. Autre avantage : cette prime peut être versée en une ou plusieurs fois, jusqu’à une fois par trimestre, et même versée deux fois dans l’année ! Encore mieux : si vous la placez sur un plan d’épargne salariale ou retraite, elle reste non imposable. #pourtoi #salarié #travail #salaries #salaire #paie #mondedutravail
Au-delà de ces seuils, la prime devient partiellement ou totalement imposable. Dans les entreprises de plus de 50 salariés, la PPV est en principe imposable, sauf si elle est investie sur un plan d’épargne salariale (PEE, PER collectif), permettant alors une exonération dans la limite des plafonds légaux, bien que la CSG et la CRDS restent dues.
Déclaration et impact sur le revenu fiscal de référence
La PPV, déclarée par l’employeur à l’administration fiscale, figure automatiquement sur la déclaration de revenus pré-remplie du salarié. Il est essentiel que chaque bénéficiaire vérifie la concordance entre les montants indiqués et ceux figurant sur ses bulletins de paie, notamment en cas de dépassement des plafonds d’exonération.
Si la prime est imposable, elle s’ajoute au revenu imposable et peut ainsi faire évoluer le revenu fiscal de référence (RFR), utilisé pour l’accès à certaines aides sociales.
À noter : même en cas d’exonération d’impôt, la PPV est prise en compte dans le calcul du RFR, ce qui peut impacter l’éligibilité à certains dispositifs sociaux ou fiscaux.
Synthèse des situations et tableau récapitulatif des régimes applicables
Selon la taille de l’entreprise et le niveau de salaire, la fiscalité de la PPV varie sensiblement.
Actuellement, seuls les salariés gagnant moins de trois fois le SMIC dans une entreprise de moins de 50 salariés bénéficient d’une exonération totale d’impôt et de prélèvements sociaux, dans la limite des plafonds.
Au-delà, la prime est partiellement ou totalement imposable et soumise à la CSG/CRDS. À partir de 2027, la PPV sera imposable pour tous, sauf si elle est placée sur un plan d’épargne salariale, qui maintiendra l’exonération d’impôt sur le revenu.
Le tableau ci-dessous récapitule les différents régimes applicables selon les situations et les évolutions prévues.


