Le crowdfunding a longtemps promis des perspectives de rendement élevé et une capacité à identifier des projets ciblés à ses investisseurs.
Pari encore réussi il y a quelques années ! Mais en 2024, tout se complique : entre un ticket moyen en baisse et une forte hausse de retards de remboursements, le financement participatif est en difficulté. Mais pour autant, est-ce qu’il faudra l’éviter ? Réponses dans cet article.
Comprendre le contexte du crowdfunding immobilier en 2024
À titre de rappel, il faut savoir que le crowdfunding permet d’utiliser son épargne pour financer des projets ou investir dans les entreprises de son choix. Un concept brillant qui a su séduire de nombreux investisseurs ! Mais voilà quelques mois que le marché immobilier en France est face à un environnement économique hostile. Le crowdfunding immobilier n’y échappe pas et perd 50 % en valeur.
Entre le mois de janvier et avril 2024, ce sont seulement 213 projets qui ont été financés pour une valeur de 184 millions d’euros, contre 377 l’année dernière à la même période, avec une valeur de 370 millions d’euros. Et pourtant, son rendement moyen est à un record de 11 %, contre 10 % en 2023. La raison ? Beaucoup de plateformes ont dû faire augmenter leur rendement face à la prise de risques qui devient conséquent.
Car oui, elles doivent faire face à un taux de retard de remboursement qui ne cesse d’augmenter, occasionnant des pertes partielles ou même totales aux investisseurs.
Des retards sur une centaine de projets
2010 est le nombre de projets en cours pour le crowdfunding, mais 728 affichent des retards. Si 270 sont retardés de 1 à 2 ans, 90 projets inquiètent les investisseurs, car accusant un retard significatif de 2 à 3 ans. Pire encore, environ 70 projets affichent plus de 3 ans de retard. Vous l’aurez compris, 1 projet sur 3 est donc actuellement en difficulté, alors qu’il était à 1 sur 4 en 2023. Une des raisons principales qui explique cette situation, c’est le renchérissement du cout du crédit immobilier, diminuant ainsi le nombre de projets financés dans la pierre.
Si les épargnants continuent de toucher des intérêts pendant ces périodes, il faut comprendre que les intérêts ne sont perçus qu’à la fin, et à condition que le remboursement ait lieu. Effectivement, les promoteurs immobiliers qui sont en difficulté financière prennent la décision de retarder ou même d’arrêter leurs projets, laissant les investisseurs sans remboursement.
Une réglementation assez légère
Sur le bureau du médiateur de l’Autorité des marchés financiers (AMF), Marielle Cohen-Branche, elle constate une hausse de 110 % des litiges liés au crowdfunding immobilier, de 2022 à 2023. Une tendance qui n’est pas freinée en 2024 !
Selon elle, l’impossibilité de récupérer sa mise au moment souhaité n’est pas toujours mentionnée dans les plateformes. C’est pourquoi un nouveau cadre juridique a été imposé pour rendre cet investissement plus transparent. Depuis le 11 novembre 2023, ce sont seulement les prestataires qui ont eu feu vert de l’AMF qui peuvent proposer ce service. Les investisseurs qui n’ont pas été correctement informés devront passer par une souscription à part, où l’apport est limité à 1000 euros.


