La gestion des congés payés pendant les arrêts maladie suscite de vifs débats en France, alors que la question du déficit social prend une ampleur inédite.
Entre décisions juridiques récentes, propositions politiques et mesures envisagées pour limiter les dépenses, le sujet cristallise les tensions autour de la protection des salariés et de la soutenabilité du système social.
Les enjeux sont majeurs : il s’agit de trouver un équilibre entre respect des droits des travailleurs et impératifs budgétaires, dans un contexte où chaque décision peut avoir des répercussions importantes sur l’avenir de la Sécurité sociale.
Contexte et enjeux de la gestion des congés payés pendant les arrêts maladie
La gestion des congés payés durant les arrêts maladie cristallise les tensions en France, sur fond de déficit social croissant. La récente décision de la Cour de cassation, alignée sur le droit européen, autorise le report des congés non pris en cas d’arrêt maladie, relançant le débat.
Quinze députés s’opposent à cette transposition, estimant qu’elle aggrave la situation financière de la Sécurité sociale, dont le déficit devrait atteindre 15 milliards d’euros en 2024. Tandis que le gouvernement cherche à contenir les dépenses, les institutions européennes rappellent l’importance de respecter les droits des salariés.
Ce bras de fer met en lumière les divergences entre impératifs budgétaires nationaux et exigences européennes.
Décision de la Cour de cassation et réactions politiques face à la transposition européenne
Le 10 septembre, la Cour de cassation a confirmé que les salariés en arrêt maladie peuvent reporter leurs congés payés, conformément à la loi du 22 avril 2024, qui transpose une directive européenne.
Cette harmonisation avec la jurisprudence de l’UE suscite de vives critiques au sein de l’Assemblée nationale. Plusieurs députés, notamment issus de l’opposition, dénoncent une perte de souveraineté et alertent sur l’impact financier pour la Sécurité sociale, déjà fragilisée par un déficit record.
Ils estiment que l’application automatique du droit européen risque d’alourdir les charges sociales, alors que les arrêts maladie coûtent déjà plus de 11 milliards d’euros par an au système français.
Déficit social et poids croissant des arrêts maladie
En 2024, le déficit de la Sécurité sociale atteint 15 milliards d’euros, et pourrait s’aggraver à 23 milliards en 2025 selon les projections. Les arrêts maladie représentent à eux seuls un coût de 11,3 milliards d’euros, illustrant la pression croissante sur les finances publiques.
L’Assurance maladie, avec des dépenses globales estimées à 255 milliards d’euros cette année, concentre l’essentiel des efforts de maîtrise budgétaire.
Sandrine, 42 ans, cadre RH dans le secteur public
Face à l’ampleur de ces chiffres, la réduction des indemnités journalières et la limitation des arrêts de travail sont devenues des priorités politiques, dans un contexte où la soutenabilité du modèle social français est de plus en plus questionnée.
Propositions de réforme et pistes pour limiter les dépenses
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit un arsenal de mesures pour freiner la progression des dépenses liées aux arrêts maladie.
Parmi les pistes avancées figurent la réduction de la durée maximale des arrêts à un mois en cas d’hospitalisation et à quinze jours pour les consultations en cabinet, ainsi qu’un encadrement strict des renouvellements, limités à deux mois sauf exceptions médicales.
Le gouvernement envisage également de supprimer le régime des Affections Longue Durée (ALD) non exonérantes, dont le coût ne cesse de croître. Ces réformes visent à rétablir l’équilibre financier tout en préservant la protection des salariés, un arbitrage délicat au cœur des débats sociaux et politiques.
Les principales pistes de réforme envisagées
Pour mieux comprendre les mesures en débat, voici les grandes lignes des propositions du gouvernement :
- Réduction de la durée maximale des arrêts maladie : 1 mois pour une hospitalisation, 15 jours pour une consultation en cabinet.
- Encadrement des renouvellements : deux mois maximum, sauf cas médicaux spécifiques.
- Suppression progressive des ALD non exonérantes, afin de cibler les pathologies les plus graves.
- Objectif affiché : ramener le déficit sous la barre des 15 milliards d’euros d’ici 2026.


