Alors que les ménages s’habituent à naviguer entre inflation modérée et hausse timide des salaires, une nouvelle mesure fiscale envisagée par le gouvernement pourrait en surprendre plus d’un.
Cet article vous aide à comprendre concrètement ce que signifie cette décision, comment elle pourrait affecter votre déclaration fiscale en 2026, et pourquoi elle suscite déjà des oppositions. Illustrations chiffrées à l’appui.
Le gel du barème : une mesure invisible mais efficace pour l’État
Chaque année, le barème de l’impôt sur le revenu est révisé pour tenir compte de l’inflation. Cette revalorisation évite que de simples hausses de salaire ne conduisent à une augmentation injustifiée de l’impôt à payer. En gelant ce mécanisme, l’État permet à l’inflation de faire son œuvre : les contribuables verront leurs revenus grimper, mais leur imposition grimpera encore plus vite.
Concrètement, cette technique permet de récupérer plusieurs centaines de millions d’euros sans augmenter les taux. Elle pourrait rapporter à l’État jusqu’à 1,2 milliard d’euros selon les premières estimations. Un choix budgétaire justifié par la volonté de réduire le déficit public, mais qui s’apparente pour beaucoup à un contournement politique de la promesse de ne pas augmenter les impôts.
Ce que cela change pour vous : l’exemple du salarié à 2000 €
Prenons le cas d’un salarié célibataire percevant 2 000 euros nets par mois en 2024. Il a déclaré 24 000 euros au printemps 2025, pour un impôt à régler de 725 euros. En 2025, son salaire augmente de 2 %, passant à 2 040 euros. S’il n’y a pas de revalorisation du barème, son impôt grimpera à 794 euros en 2026 — soit 69 euros de plus. Avec un barème actualisé, il aurait payé exactement la même chose que l’année précédente.
Ce décalage n’est pas anodin : il signifie que votre pouvoir d’achat réel baisse, même si votre salaire augmente légèrement. Le gel agit comme une ponction supplémentaire, sans changement apparent du taux d’imposition.
Familles, couples, bas revenus : tout le monde concerné
Un couple marié dont les revenus sont respectivement de 1 800 et 2 300 euros mensuels n’est pas épargné. En 2024, leur impôt s’élève à 1 930 euros. En 2026, avec une hausse salariale de 2 % mais sans revalorisation du barème, l’impôt grimpe à 2 073 euros. Une augmentation de 143 euros.
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Articles partenairesMême les foyers les plus modestes pourraient être impactés. Une personne qui percevait 1 540 euros par mois en 2024 n’était pas imposable. Mais avec une légère augmentation à 1 570 euros en 2025, et sans actualisation du barème, elle pourrait se voir réclamer 32 euros d’impôt en 2026. Un seuil symbolique franchi pour beaucoup, synonyme d’entrée inattendue dans la fiscalité.
Une mesure qui divise jusqu’au sein de la majorité
À l’heure où François Bayrou prépare la présentation du plan budgétaire 2026, la piste du gel est sérieusement envisagée. La présidente de l’Assemblée nationale s’est déclarée favorable, tandis que la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, indique que “tout est sur la table”. Toutefois, des députés de la majorité commencent à exprimer des réticences, redoutant un effet de “hausse déguisée” mal comprise par les Français.
Dans un contexte où le gouvernement cherche à réaliser 40 milliards d’euros d’économies, ce levier fiscal discret pourrait être activé dès l’automne. Il est donc essentiel pour les contribuables de comprendre dès aujourd’hui les mécanismes à l’œuvre, afin d’anticiper leurs obligations fiscales pour l’année à venir.


