La réduction d’impôt pour frais de scolarité, bien connue des familles ayant des enfants au collège, au lycée ou dans l’enseignement supérieur, fait l’objet de nombreuses interrogations à l’approche du budget 2026.
Ce dispositif fiscal, apprécié pour son soutien aux parents, pourrait connaître d’importants changements dans les prochains mois. Entre débats sur son efficacité, critiques concernant sa répartition et annonces de réformes, la question de son maintien ou de sa suppression suscite l’attention de millions de foyers. Tour d’horizon des enjeux et des perspectives autour de cet avantage fiscal emblématique.
Suppression de la réduction d’impôt pour frais de scolarité : contexte et calendrier
Le gouvernement prépare la suppression de la réduction d’impôt accordée aux parents d’élèves scolarisés au collège et au lycée, une mesure qui concerne actuellement plus de deux millions de foyers fiscaux.
Cette décision s’inscrit dans un contexte de transition à Matignon, où Sébastien Lecornu succède à François Bayrou, tout en héritant des pistes d’économies élaborées par son prédécesseur pour le budget 2026. Selon le calendrier envisagé, la suppression de cet avantage fiscal devrait figurer dans le projet de loi de finances présenté à l’automne 2025, pour une application dès la déclaration de revenus 2026, portant sur les revenus de l’année 2025.
Qui est concerné par la suppression ?
- Plus de 2 millions de foyers fiscaux touchés dès la déclaration 2026.
- Les familles avec enfants au collège et au lycée sont les premières visées.
- Les étudiants du supérieur pourraient encore bénéficier du dispositif, mais l’incertitude demeure.
Fonctionnement actuel de la réduction d’impôt pour frais de scolarité
Jusqu’à présent, la réduction d’impôt pour frais de scolarité s’adresse aux parents ayant des enfants à charge inscrits au collège, au lycée ou dans l’enseignement supérieur, qu’ils soient dans le public ou le privé.
Le montant varie selon le niveau : 61 euros par collégien, 153 euros par lycéen et 183 euros par étudiant, avec une réduction divisée par deux en cas de garde alternée. Les cours à distance ne sont éligibles que s’ils sont suivis via le CNED. Pour en bénéficier, il suffit d’indiquer le nombre d’enfants concernés dans les cases dédiées de la déclaration de revenus, sans justificatif à fournir, l’avantage étant forfaitaire et non lié aux frais réels engagés.
Les montants actuels, en un coup d’œil
| Niveau de scolarité | Montant de la réduction d’impôt | Particularité |
|---|---|---|
| Collège | 61 € par enfant | Divisé par 2 en garde alternée |
| Lycée | 153 € par enfant | Public ou privé |
| Supérieur | 183 € par étudiant | Valable si inscrit en présentiel ou CNED |
Chaque rentrée, ce petit coup de pouce nous permettait de respirer un peu face aux dépenses scolaires. Même si le montant reste modeste, sa suppression risque de peser sur notre budget.
Sophie, 42 ans, mère de deux collégiens
Bilan et critiques de la mesure : bénéficiaires et efficacité
En 2021, près de 2,45 millions de foyers ont profité de la réduction d’impôt pour frais de scolarité, pour un coût total de 450 millions d’euros à l’État. Toutefois, le Conseil des prélèvements obligatoires souligne une forte concentration de l’avantage au profit des ménages les plus aisés : les deux tiers des bénéficiaires au collège et 75 % dans le supérieur appartiennent aux 30 % de Français les plus riches.
Cette niche fiscale est jugée peu efficace et inéquitable, car elle exclut de fait les familles non imposables et n’est pas ciblée selon les besoins. Le CPO recommande donc sa suppression au profit d’un renforcement des dispositifs de bourses scolaires.
Alternatives et perspectives : vers une réforme des aides à la scolarité
Le Conseil des prélèvements obligatoires préconise de réorienter les économies réalisées par la suppression de la réduction d’impôt vers une augmentation significative des bourses scolaires, afin de mieux cibler les familles modestes.
Si la suppression est actée pour le collège et le lycée, le maintien de l’avantage fiscal pour l’enseignement supérieur reste en débat, bien que plusieurs rapports parlementaires suggèrent également sa suppression pour financer une réforme des bourses étudiantes. Ces pistes s’inscrivent dans une volonté de rationaliser les aides à la scolarité, en privilégiant une redistribution plus équitable et efficace, tout en contribuant à l’effort de redressement des finances publiques.
Les pistes envisagées
- Renforcer les bourses scolaires pour les familles modestes.
- Supprimer progressivement la réduction d’impôt dans le supérieur.
- Réorienter les économies vers une aide plus équitable et ciblée.


