Les propriétaires bailleurs et les investisseurs immobiliers font face à de nouveaux enjeux en 2026, entre évolution des dispositifs fiscaux et complexité des procédures d’expulsion.
Comprendre les droits, les démarches à suivre et les opportunités offertes par la législation actuelle devient essentiel pour sécuriser ses revenus locatifs et optimiser son patrimoine.
Les règles encadrant l’expulsion, la responsabilité de l’État, ainsi que les conditions d’accès aux avantages fiscaux, imposent une vigilance accrue pour éviter les écueils et tirer pleinement parti des mesures en vigueur.
Une bonne maîtrise de ces mécanismes permet d’investir et de gérer sereinement un bien immobilier.
Procédure d’expulsion et responsabilité de l’État
Lorsqu’un locataire ne règle plus ses loyers ou trouble la jouissance des lieux, le propriétaire peut engager une procédure d’expulsion. Après décision judiciaire ordonnant le départ du locataire, le bailleur doit solliciter le concours de la force publique auprès du Préfet si l’occupant refuse de quitter les lieux.
En cas de refus explicite ou d’absence de réponse sous deux mois, la responsabilité de l’État peut être engagée, ouvrant droit à indemnisation pour le bailleur. À Paris, c’est le Préfet de Police qui intervient.
À noter : aucune expulsion ne peut être exécutée durant la trêve hivernale, période durant laquelle le recours à la force publique est systématiquement suspendu.
Quand la responsabilité de l’État est-elle engagée ?
- Refus d’assistance : L’État refuse explicitement d’apporter son concours à l’expulsion via la force publique.
- Absence de réponse : Le Préfet ne répond pas à votre sollicitation dans un délai de deux mois.
- Condition préalable : Une décision de justice ordonnant l’évacuation des lieux doit avoir été préalablement notifiée.
Trêve hivernale et limites à l’expulsion
La trêve hivernale, instaurée pour protéger les occupants durant les mois les plus froids, s’étend chaque année du 1er novembre au 31 mars. Cette période peut être prolongée par arrêté préfectoral en cas de conditions climatiques exceptionnelles.
Pendant la trêve, toute expulsion locative est strictement interdite, même si une décision de justice a été rendue et que le concours de la force publique a été accordé. Cette suspension temporaire vise à éviter que des personnes ne se retrouvent sans logement en plein hiver.
Les procédures d’expulsion sont donc gelées jusqu’à la fin de la trêve, garantissant ainsi un sursis aux locataires concernés.
Demande d’indemnisation : démarches, obligations et rôle du Préfet
Pour obtenir réparation, le bailleur doit adresser au Préfet une demande d’indemnisation, accompagnée de justificatifs attestant du préjudice subi (décision d’expulsion, preuve du refus ou du silence préfectoral, calcul des pertes locatives, etc.).
Le Préfet examine alors la responsabilité de l’État et propose, le cas échéant, une indemnisation via une transaction : le propriétaire s’engage à renoncer à tout recours ultérieur et à restituer toute somme perçue d’autres sources pour le même préjudice.
Si le Préfet ne répond pas dans un délai de deux mois, la demande est considérée comme rejetée, ouvrant la voie à un recours devant le tribunal administratif.
Le dossier d’indemnisation : les pièces à fournir
| Pièce justificative | Utilité pour le dossier |
| Décision judiciaire | Prouver le bien-fondé de l’expulsion |
| Preuve de refus | Attester du refus (explicite ou silence) du Préfet |
| Calcul des pertes | Justifier le montant du préjudice locatif subi |
| Engagement écrit | Renonciation à tout recours ultérieur (en cas de transaction) |
Recours et voies de contestation pour le bailleur
En cas de refus d’indemnisation ou de désaccord sur le montant proposé par le Préfet, le bailleur dispose d’un recours devant le tribunal administratif.
Ce recours doit être exercé dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision explicite ou du rejet implicite (silence gardé pendant deux mois). La procédure contentieuse permet au juge administratif de réévaluer le préjudice et, le cas échéant, de fixer une indemnisation plus juste.
Un recours mal fondé ou hors délai expose toutefois le bailleur à un rejet de sa demande. Cette démarche, bien que technique, constitue une garantie essentielle pour la défense des droits des propriétaires face à l’État.


