L’éducation nationale travers actuellement une crise de recrutement. Des milliers d’enseignants manquent à l’appel pour la prochaine rentrée. Etat des lieux !
Une crise se profile pour le recrutement des enseignants
Force est de constater que le nombre d’enseignants est encore insuffisant dans les écoles primaires publiques et privées sous contrat. Selon le ministère de l’Éducation nationale, plus de 3 000 professeurs manquent à l’appel pour la prochaine rentrée scolaire. Depuis plusieurs années, les concours enseignants n’attirent plus beaucoup de candidats.
En raison, les conditions de travail des enseignants concernés laissent à désirer. D’autant plus que les académies se tournent davantage vers les professeurs contractuels en CDD ou en CDI. Nous parlons ici des suppléants ou maîtres délégués.
Les chiffres sont encore plus inquiétants dans l’enseignement privé sous contrat, soit 17% en 2021-2022, contre 5% dans le public.
D’après le ministère de l’Éducation nationale, 3 185 postes non pourvus subsistent cette année. Pour ce qui est des postes non pourvus suite aux résultats des concours des enseignants, 1 350 postes vacants sont issus du premier degré et 1 575 du second degré.
Des chiffres éloquents sur ce manque de professeurs en France
Cette pénurie d’enseignants reste une situation alarmante en France. Sur les 3185 postes non pourvus, 2925 découlent de l’enseignement public, et 260 de l’enseignement privé. Les académies les plus susceptibles d’être touchées par cette pénurie sont celles de Versailles, Guyane, Créteil ou encore Mayotte.
Dans le détail, les mathématiques représentent 80% des postes pourvus, contre 63% pour les lettres classiques et 45% pour l’allemand. En ce qui concerne les filières, seules 88% des places du CAPES public sont pourvues. Il s’agit, pour rappel, de la principale voie de recrutement des professeurs de collège et lycée. Mais la situation est plus grave pour le CAPET et le CAPLP qui représentent 77% des postes pourvus.
Pour mémoire, le CAPET permet d’enseigner au lycée technologique, tandis que le CAPLP ouvre des portes vers un lycée professionnel.
Selon Nicole Belloubet, ministre de l’Éducation nationale et de la jeunesse du gouvernement de Gabriel Attal, ce manque d’attractivité s’explique notamment par le salaire. A cela s’ajoute la complexité du métier d’enseignant.
Quelles seraient les mesures à prendre face à cette pénurie ?
Pour mémoire, Nicole Belloubet avait déjà creusé quelques pistes en mai dernier. Il s’agit d’un plan visant à apporter une réponse sur le long terme à la crise du recrutement de l’Éducation nationale. Celui-ci prévoyait d’abaisser le niveau obligatoire pour présenter les concours en passant de bac + 5 à bac + 3. La formation en 2 ans, dédiée aux lauréats, serait rémunérée. Le texte a déjà été présenté au Conseil d’Etat le 9 juillet dernier.
Malgré cela, ces mesures déployées par la ministre ne suffisent pas pour remédier rapidement à la pénurie d’enseignants à la rentrée. Idem pour le recours aux personnels contractuels. Selon les syndicats, le gouvernement devrait se pencher davantage sur les conditions de travail réelles des enseignants. Il faudrait également donner des perspectives à 3 ou 5 ans sur les recrutements pour que les étudiants puissent se projeter.


