Le tarif réglementé de l’électricité évolue à partir du 1er février, suscitant de nombreuses interrogations chez les consommateurs.
Entre stabilité annoncée, baisses ciblées et hausses inattendues selon les options tarifaires, les ménages cherchent à comprendre l’impact réel sur leur facture. Cette actualisation, qui concerne près de 20 millions de foyers, met en lumière des différences marquées selon le choix d’abonnement.
Tour d’horizon des principaux changements à anticiper pour adapter sa consommation et optimiser son budget énergie face à ces nouvelles grilles tarifaires.
Évolution générale du tarif réglementé de l’électricité au 1er février
À compter du 1er février, le tarif réglementé de vente de l’électricité (TRVE) devrait rester globalement stable pour près de 20 millions de foyers, sous réserve de la validation par le gouvernement de la recommandation de la Commission de régulation de l’énergie (CRE).
Cette stabilité s’explique notamment par la baisse de la Contribution tarifaire d’acheminement (CTA) et la diminution des prix sur les marchés de gros. La CRE avait même proposé une légère baisse moyenne de 0,83%.
Toutefois, l’impact sur la facture variera selon l’option tarifaire choisie. Le gouvernement conserve un rôle clé, puisqu’il doit entériner ou non cette évolution tarifaire, qui concerne la majorité des ménages français abonnés au TRVE.
Options tarifaires : qui gagne, qui perd vraiment ?
| Option tarifaire | Évolution de l’abonnement | Évolution du prix du kWh | Impact global |
|---|---|---|---|
| Base | Légère hausse | Baisse modérée | Effet limité sur la facture |
| Heures Creuses | Baisse | Forte baisse en heures creuses | Avantage renforcé si consommation décalée |
| Tempo | Stable | Hausse marquée en jours rouges | Risque accru en hiver |
| EJP | Stable | Forte hausse hors pointe | Désavantage sur la majorité de l’année |
Impact des évolutions tarifaires selon l’option souscrite
Le TRVE propose plusieurs options tarifaires : Base, Heures Creuses, Tempo et EJP, chacune adaptée à des profils de consommation spécifiques. Les foyers en option Base verront leur abonnement légèrement augmenter, mais le prix du kWh baissera, limitant l’impact sur la facture.
L’option Heures Creuses devient plus attractive, avec une baisse notable du coût des heures creuses et de l’abonnement, à condition de consommer suffisamment durant ces plages horaires. En revanche, les clients Tempo subiront une hausse marquée du prix du kWh, surtout lors des jours rouges.
Enfin, les abonnés EJP verront leur facture grimper sur la majorité de l’année, malgré une baisse ponctuelle lors des jours de pointe. Ainsi, l’effet des évolutions tarifaires dépend fortement du contrat souscrit.
Chiffres clés et conditions de rentabilité pour chaque option tarifaire
Pour l’option Base, l’abonnement augmente de 1 à 2,5% selon la puissance, tandis que le prix du kWh recule de 0,6 à 1,2%. L’option Heures Creuses devient plus compétitive : l’abonnement baisse jusqu’à 2,6% et le kWh en heures creuses chute de 3,4%.
Désormais, il suffit de consommer 26% de son électricité en heures creuses pour rentabiliser cette formule, contre 31% auparavant. Côté Tempo, la hausse du kWh atteint jusqu’à 9% lors des jours rouges, rendant l’offre moins avantageuse pour les gros consommateurs en hiver.
Enfin, les clients EJP subiront une flambée de 33% du kWh hors pointe, mais bénéficieront d’une forte baisse lors des 22 jours de pointe annuelle.
📢🧔🏻♂️ L’électricité a pris +40 % en 10 ans, soit +674 € pour les ménages.
Réponse du gouvernement : −10 € par an #Bref pic.twitter.com/kSjYQoONVr— Jerome Rodrigues Officiel (@J_Rodrigues_Off) January 5, 2026
Conséquences pour les consommateurs et perspectives
Ces ajustements tarifaires creusent l’écart entre les profils de consommateurs. Les ménages capables de décaler leur consommation en heures creuses tirent désormais un avantage accru, tandis que ceux restés à l’option Base ou EJP risquent une hausse de facture, surtout s’ils ne peuvent adapter leurs usages.
Les abonnés Tempo, longtemps avantagés, voient leur compétitivité remise en cause, notamment lors des pics hivernaux. À moyen terme, la tendance à la différenciation tarifaire pourrait s’accentuer, incitant davantage de foyers à optimiser leur consommation ou à s’orienter vers des offres alternatives.
Une différenciation tarifaire appelée à s’accentuer
- Écarts croissants entre profils capables d’adapter leur consommation et les autres.
- Incitation indirecte à modifier ses usages plutôt qu’à réduire la consommation globale.
- Dépendance accrue aux décisions politiques et aux marchés de gros.
- Un TRVE stable en apparence, mais de plus en plus sélectif dans ses effets.
La stabilité du TRVE reste fragile, dépendant des évolutions du marché de gros et des choix politiques à venir.


